Éditorial


“Liberté j’écris ton nom”
(Eugène Grindel, dit Paul Eluard)

Le n°2 de la Revue “Avraham! Avraham!” s’inscrit dans un dialogue permanent avec ses lecteurs. Certaines remarques nous ont permis d’alléger la forme. Vous nous direz ce que vous en pensez.

D’autres remarques nous ont interrogés sur le caractère “hétéroclite” du premier numéro. C’est vrai. On y trouvait un peu de tout. Est-ce un mal ? Pas nécessairement si l’axe qui identifie notre Revue en ressort clairement.

Que cherchons-nous à montrer ? L’apport fondamental du judaïsme à la vie de la cité pour les Juifs comme pour les non-Juifs. Pas seulement en France, mais aussi dans le monde. Un apport central dont l’influence n’a rien à voir avec le nombre de Juifs réellement existant à l’heure actuelle : 15 millions sur toute la terre.

Nous vivons aujourd’hui ce que certains appellent une crise de civilisation, tout particulièrement en Occident. Nous avons la faiblesse de penser que le judaïsme peut être un apport, un repère dans cette circonstance. Ce n’est sans doute pas pour rien qu’il perdure depuis près de 6000 ans.

L’apport juif ne se limite évidemment pas à un domaine particulier. Il est nécessairement hétéroclite car il possède une dimension universelle et diversifiée. C’est bien ce qui nous amène à aborder des thèmes multiples.

Je vous laisse découvrir la variété de ce numéro 2. Il est centré sur un apport fondamental du judaïsme à l’humanité : la liberté. Vous constaterez par nos divers articles sur le sujet en quoi celle-ci n’est pas une valeur parmi d’autres pour les Juifs. Sans liberté, sans la sortie de l’esclavage en Egypte, il n’y aurait tout simplement pas eu de peuple hébreu. Vous verrez comment Avraham avait déjà combattu le tyran Nimrod qui lui refusait la liberté de conscience.

Des millions de lignes ont été consacrées à l’antisémitisme. Et s’il prenait tout simplement sa source dans la peur de la liberté ? Vous découvrirez ainsi comment Amalek se cache sous mille visages pour la combattre, et comment l’origine biblique de l’expression “bouc émissaire” s’est retournée contre la Bible hébraique qui en est à l’origine.

Vous découvrirez aussi notre très libre discussion sur la culpabilité qui ronge les sociétés occidentales. A-t-elle pour origine “le péché originel” dans sa version augustinienne qui emprisonne l’humain dans ses fautes ? La tradition juive permet-elle de dépasser cette impasse ? Si oui, de quelle manière ? Telles sont les questions que nous vous soumettons au débat.

Notre rubrique “Arts et littérature” vous offrira des exemples concrets de liberté avec ses poèmes, sa critique de livre, et sa nouvelle lettre “vav” en calligraphie. Sans oublier la note d’humour très actuelle sur les Juifs prétendus “maîtres du monde”.

Nous vous proposons un bouquet de fleurs ou d’artifices dans toute la diversité de ses couleurs. Nous ne vous demandons pas de nous suivre, mais de dialoguer avec nous.

Bonne lecture

Gérard Shmouel Feldman
Directeur de publication